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CHRETIENNES DE BASE

GENEVE ET ENVIRONS

Artisans de paix

 

BULLETIN N° 7  mai 2015

 

 

Cela fait plus de trois mois que vous n’avez pas eu de nouvelles de notre part, après notre message-vœux de Noël-Nouvel An. En dépit de notre silence et des nouvelles en provenance du Burundi actuellement, sachez que nous allons bien tous les deux ici à Gitega.

Notre travail dans le cadre du projet « Cercles de Paix et Développement au Burundi» s’est bien poursuivi, d’octobre à avril. Nous avons fait de notre mieux pour allier Cercles de paix et activités novatrices de développement. Un développement au ras des pâquerettes, qui tente de répondre au mieux aux préoccupations des participant-e-s. Des préoccupations qui se nomment pauvreté matérielle, faim, malnutrition, et même morale dans bien des cas ! Des préoccupations qui sont partagées par beaucoup de monde dans le pays.

Des rencontres qui se transforment en « familles affectivement positives »

Côté travail toujours, nous rendons grâce pour les miracles, quasi quotidiens que nous voyons s’opérer au travers des Cercles de Paix (CdP) que nous animons et au cours desquels des personnes s’ouvrent et affirment entrer dans une ère nouvelle de leur vie. Une ère de pardon, de réconciliation et d’amour, envers elles-mêmes et leurs prochains.

Et pour marquer ce changement, à la fin de chaque CdP, chaque groupe se dote d’un nom traduisant la synthèse du programme que tous les participants s’engagent à réaliser en tant que membres de la « famille affectivement positive » qu’ils viennent de constituer durant la semaine et qui repose sur des repères communs et des visions communautaires communes.

Ainsi, du 13 au 18 avril 2015, deux CdP spéciaux se sont tenus en parallèle pour des participants venant de Kirundo, au Nord du pays. Une région qui, au moment même de la tenue du CdP, était déjà secouée par une peur panique à tel point que, dès les premières heures du CdP, bon nombre des participants recevaient des messages leur annonçant la fuite de leurs proches vers les pays limitrophes. Mais cela n’a pas empêché que les deux CdP aillent jusqu’à leur terme.

 

Sont nés alors Sur la dizaine de groupes issus des CdP tenus entre avril 2014 et avril 2015, en voici deux autres exemples, avec quelques-unes de leurs réalisations. Ils  se prénomment « JEAN » et « PAIX EN ACTION ».

JEAN est né le 9 avril 2014, au terme du CdP tenu par 12 jeunes du quartier où nous habitons, au Sud de la Ville de Gitega, depuis 2013. Ces jeunes ont choisi de s’appeler « JEAN » - acronyme de «Jeunes artisans de paix de Nyabututsi ». Le 9 avril 2015, ils ont fêté le premier anniversaire de leur groupe qui, en une année, compte de nombreuses réalisations. Parmi ces dernières, citons :

  • les petites activités génératrices de revenus - à la hauteur de leurs moyens, comme l’élevage de quelques porcs ou poules pondeuses

  • la création d’un club culturel, qui est très prisé par les jeunes du quartier,

     

  • la construction de maisons pour deux personnes nécessiteuses

     

  • et la contribution à l’aménagement d’un tronçon de la route qui mène à leur quartier.

     

Des activités hautement appréciées et encouragées par les habitants du quartier et l’autorité locale, qui avaient répondu présents à l’invitation au premier anniversaire.

Le groupe « PAIX EN ACTION » est, quant à lui, né du CdP du 2 au 7 février 2015. Il est composé de jeunes citadins et ruraux de la Mairie de Bujumbura (la capitale du Burundi) et de la province de Bujumbura (rural). Des jeunes qui sont leaders des communautés dont ils sont issus et provenant de diverses couches sociales, de différents partis politiques, de diverses confessions religieuses. Des jeunes qui sont universitaires - étudiants, fonctionnaires ou chômeurs. Et comme leur nom l’indique, ils ont décidé de mettre en pratique ce challenge que  constitue, pour eux, la paix active et positive. Ils cultivent de leurs propres mains un champ acheté sur les flancs de Bujumbura.

Par là, le groupe espère que son modèle du vivre ensemble, manifesté au travers du travail des champs, qui généralement rebute tant les gens qui, tant soit peu, ont été à l’école, servira d’exemple, notamment pour les jeunes de leur entourage. Le fruit de leur labeur servira d’abord à subvenir aux besoins des plus nécessiteux parmi eux ainsi qu’à aider d’autres gens autour d’eux. Labourer et entretenir un même champ revient, pour eux, à rimer leur diversité qui, au lieu d’être un obstacle à la paix, devient une force qui réconcilie les différences et renforce la confiance entre eux.

Ces activités de JEAN et PAIX EN ACTION sont des exemples d’initiatives de paix mise en pratique, modestes certes mais bien concrètes.

Des CdP alliés à des activités novatrices de développement

Depuis novembre 2014, lors de chaque CdP, tous les participants sont désormais initiés aux techniques de transformation et valorisation du manioc amer, qui consiste à extraire des toxines des tubercules frais pour en faire, en quatre jours seulement (contre 14 à 21 dans les transformations traditionnelles), un produit riche et propice à une alimentation saine et équilibrée. Cet exercice participatif et efficace se réalise, à travers de simples opérations d’épluchage, râpage, fermentation et torréfaction. Après quoi le manioc peut être utilisé de multiples façons et conservé pendant très longtemps, ce qui lui donne de la plus-value et suscite un vif intérêt pour tous les participants.

Ce travail de transformation et de détoxification du manioc amer et dangereux en quelques jours seulement intéresse beaucoup les participants. Il est assimilé à la désintoxication des cœurs qui, au terme de la semaine de CdP, se trouvent purifiés des ressentiments accumulés depuis des années et, souvent, hérités en bonne partie des parents. Des parents qui, eux-mêmes, ont été meurtris par les blessures d’un passé stressant et traumatisant, où ils ont vécu depuis des décennies. Autrement dit, un travail de catharsis et de guérison, tant au niveau des individus que des groupes, qui débouche alors sur le ferme engagement de progresser dans leur processus de changement individuel et communautaire.

Ferme engagement aussi pour aller de l’avant au niveau du savoir-faire technique, permettant de mieux-vivre matériellement. Et ce en commençant par des réponses simples aux préoccupations basiques partagées par la majorité des participants et considérées par ces derniers comme des entraves à la paix, à savoir : la non-satisfaction des besoins fondamentaux les plus élémentaires pour tout un chacun, la faim sous ses multiples formes, la malnutrition, le manque de revenus, etc.

Pendant la même session d’une semaine, les participants sont initiés aux processus d’utilisation des toilettes sèches et de production du compost qui en découle. Cette technologie dont un prototype est bien fonctionnel est appelée, comme la transformation et valorisation du manioc amer, à être diffusée via les différents groupes des participants aux CdP dont l’intérêt est sans conteste pour cette technique archisimple mais aux nombreux avantages.

Outre une hygiène garantie et des économies financières substantielles par rapport à l’utilisation de l’eau, comparativement à ce qui se fait avec les sanitaires de « type moderne » - une eau qui fait souvent défaut dans les milieux urbains, l’usage des toilettes sèches, avec production d’un compost bon marché et de très bonne qualité, représente un plus incontestable et un espoir pour une population et un pays agricole à plus de 90 %.

Par rapport aux installations sanitaires existant dans les habitations aux conditions modestes, dans les quartiers populaires (en villes) et à l’intérieur du pays, la pratique des toilettes sèches présente bien d’autres avantages aux niveaux notamment du confort et de la sécurité. Une sécurité qui découle du fait de ne plus courir le risque de tomber dans les trous des latrines [profonds de plusieurs mètres], notamment pour les petits enfants. Les participants au dernier CdP ont été particulièrement sensibles à cet aspect car un drame s’est produit dans leur région tout récemment, dans une famille qui n’était pas des plus pauvres.

A l’idée de modèles qui pourront être installés à l’intérieur des habitations – chose tout à fait plausible : quelques essais dans ce sens se sont révélés bien concluants!-, les mêmes participants ont relevé que cela contribuera à réduire les cas d’agression et de détournement qui se produisent au moment où les gens se rendent aux toilettes situées à l’extérieur de la maison principale et dans l’obscurité (la très grande majorité de la population n’a pas d’électricité !).

Un appui dans le sens d’un suivi rapide et efficace, ne fût-ce qu’au niveau de la vingtaine de groupes qui ont déjà bénéficié des CdP depuis 2012 et dont les participants sont des leaders dans leurs communautés d’origine, permettra de faire bénéficier la population burundaise des deux technologies de transformation/valorisation du manioc amer, et d’utilisation des toilettes sèches avec production du compost à partir d’octobre. Une façon de contribuer au désamorçage de la bombe de la pauvreté et à la désintoxication des cœurs et des esprits et, partant, à la réduction du mal-être burundais.

L’équipe d’encadrement a promis  aux différents groupes qu’elle était prête à envisager l’appui dont ils auront besoin en termes de suivi. Vu l’enthousiasme qu’ils ont tous manifesté, il se peut que dans les mois qui viennent ils nous gratifient de feed-backs du type de celui de cette ancienne participante qui nous écrivait, le 16 mars 2015, ce qui suit :

 

«Une dynamique du réseau bienfaisante

Un autre point qui mérite d’être relevé dans le sens des acitivités en rapport avec les CdP, durant l’année 2014-2015, c’est la dynamique du Réseau de ceux et celles qui ont vécu des CdP complets. Tous ceux et celles qui le veulent se retrouvent connectés au sein de l’association « Artisans de Paix Burundi », désormais doté de la reconnaisance officielle du Ministre de l’Intérieur. Elle peut, de ce fait même, opérer au niveau de l’ensemble du pays. Ainsi, ceux et celles qui ont participé aux CdP se sentent comme faisant partie de la même famille, s’échangent des nouvelles (bonnes ou moins bonnes), notamment au sujet de l’actualité du pays.

Vu le contexte actuel, un groupe mérite encore d’être relevé. Il s’agit du RJIC [Rassemblement des Jeunes Initiateurs du Changement], initié un participant à un CdP qui avait pris comme engagement de rassembler des jeunes leaders de la Société civile et de divers partis politiques. Lui-même se présente comme suit :

  •  Contribuer à créer un environnement favorable à des élections libres, transparentes et justes,

     

  • Des liens interpersonnels et intergroupaux se sont constitués. Les membres d’Artisans de Paix Burundi prennent soin des uns et des autres, s’encouragent et s’accompagnent, et partagent les moments de joie et de peine.

    Un contexte global difficile ….

    Un dernier CdP dans le cadre de la phase de transition devait avoir lieu dans la semaine du 27 avril au 02 mai 2015. La situation socio-politique actuelle ne l’a point permis. Une situation pour le moins confuse et incertaine au point que personne ne peut dire comment elle va se terminer. En effet, après plusieurs mois de supputations sur l’éventuelle candidature du président de la République à un 3ème mandat, l’annonce de cette dernière le 24 avril a entraîné, dès le lendemain, des manifestations qui ont vite tourné en confrontations violentes, principalement à Bujumbura, avec morts et blessés.  Le week-end du 1er au 3 mai 2015 a été bien calme à Bujumbura comme à l’intérieur du pays, les manifestants ayant décrété la trêve, afin d’enterrer dignement les morts. Mais les manifestations ont repris depuis lundi 04 mai. Et la décision de la Cour Constitutionnelle avalisant la candidature du Président ne va pas les apaiser et, encore moins, les arrêter, si on en croit les déclarations de l’opposition politique.

    A l’intérieur du pays, la situation est plutôt calme. Mais même là, c’est plutôt un calme trompeur, l’incertitude et la peur se lisent sur les visages. Une incertitude et une peur qui sont amplifiées par la rumeur, elle-même entretenue par le muselage des radios indépendantes qui avaient la côte de la population. Et dont l’une des conséquences est que, un peu partout dans le pays, des écoles se vident de leurs élèves, qui préfèrent rentrer chez eux à quelques jours des examens de fin d’année.

    Mais les défis sont des opportunités d’engagement

    En artisans de paix convaincus, nous gardons néanmoins espoir que les graines de paix que nous avons semées dans les personnes côtoyées vont pousser et porter leurs fruits. Tous ceux qui ont participé aux CdP ont émis le vœu de voir ceux-ci se diffuser dans tout le pays afin d’en faire bénéficier leurs bienfaits à tous les Barundi.

    En ce qui nous concerne, les mois de juillet et août seront consacrés à notre ressourcement à travers les conférences et autres rencontres à Caux et/ou ailleurs en Suisse, ainsi qu’à quelques jours de repos. Après quoi, nous comptons reprendre nos activités sur le terrain en septembre 2015.

    Au plaisir de nous revoir dans le courant de l’été, pour ceux et celles qui ne seront pas loin.

    Bien cordialement,

    Daphrose et Angelo

     

     

    Bulletin N° 6 Gitega, le 20 octobre 2014

     

     

    Chers toutes et tous,


    Un bon petit bonjour, à chacune et chacun, depuis Gitega (Burundi), sur les hauts plateaux de l’Afrique orientale où nous sommes retournés respectivement le 31 août 2014, pour Angelo,  et le 24 septembre, pour Daphrose – après un détour de 10 jours à Johannesburg (rencontre annuelle des « Femmes Artisans de Paix »). Depuis ce retour, notre temps est partagé entre le suivi du chantier de la maison qui abritera les activités du Centre irénique et de Développement, d’une part, et la reprise progressive des activités des Cercles de Paix et les programmes connexes, sans oublier le côté social !

    En ce qui concerne nos activités, voici quelques nouvelles fraîches.

    Du 03 au 11 octobre, nous avons séjourné sur la Colline de Nyabibuye (= équivalent du village ailleurs en Afrique), colline natale de Daphrose. Nous y avons procédé aux premiers essais de transformation et valorisation du manioc amer (variétés qui contiennent beaucoup de toxines / éléments générant de l’acide cyanhydrique) en plusieurs types de produits sains et prêts à la consommation humaine ou animale.

    Au terme de notre première semaine de conditionnement du manioc amer en semoules et autres sous-produits, nous avons procédé à quelques préparations simples à base des nouveaux produits de manioc, que nous avons présentés vendredi soir (10.10.2014) à de nombreux membres de la famille de Nyabibuye et quelques autres amis. Ces derniers, comme beaucoup d’autres gens de la région se sont été très intéressés par l'expérience et très étonnés de voir tout ce qu'on peut faire avec de simples tubercules de manioc ; ils ont également été fascinés par la qualité des produits finis et semi finis ainsi obtenus.  Dimanche 12 octobre 2014, nous avons mangé et fait manger le premier cake fabriqué à partir des semoules fabriquées au cours de la semaine. Il était succulent !

    Depuis lundi 13.10.2014, le traditionnel pain à base de blé au déjeuner est progressivement remplacé par ces mêmes semoules agrémentées de quelques fruits locaux ou sous forme de bouillie (en combinaison avec le maïs ou d’autres céréales locales).

     

    Cela nous encourage à aller de l'avant, en combinant le processus de transformation du manioc avec la pratique des Cercles. Un vieux sage qui participait à la rencontre de vendredi nous alors dit, dans son message au nom du groupe : « quand vous monterez votre compagnie, pensez à nous donner du travail » ! Les gens du coin se sont constamment invités à voir ce que nous faisions et, sans même voir le résultat final, ils nous ont confié qu’ils étaient prêts à nous fournir/vendredi leur manioc (amer) frais !

    Des connaissances à Bujumbura qui ont pu voir les semoules et autres sous-produits nous ont enjoint de nous dépêcher à leur apprendre cette nouvelle transformation du manioc amer.

    L’article ci-joint, daté du 13 octobre 2014, donne une idée sur la gravité du contexte dans lequel nous oeuvrons et l’urgence à agir concrètement. Comme nous l’avons indiqué dans nos messages antérieurs ainsi que dans nos textes de projet 2014-2017, il ne saurait y avoir de développement véritable sans pain et sans paix – l’inverse est d’ailleurs aussi vrai !

     

    L'expérimentation des toilettes sèches (utilisation et processus de compostage), qui a débuté fin février 2014, se poursuit avec beaucoup d'intérêt à Gitega. Les demandes pour la diffusion de l'expérience sont de plus en plus nombreuses et pressantes. Actuellement, avec des artisans locaux, nous travaillons à la mise au point de toilettes fixes ainsi que des prototypes susceptibles d'être déplacés et assemblées sur les lieux de manifestations tels que lieux de fête, paroisses, marchés, etc. Les besoins dans ce sens sont bien réels et nous ne cessons de l’expérimenter tous les jours.

    Voilà pour aujourd’hui.

    Cordiales pensées et au plaisir d’avoir de vos nouvelles bientôt,


    Daphrose et Angelo

    Bulletin N° 5 Genève 29 août 2014

     

    Chère amie,
    Cher ami,

    Chers toutes et tous,

     

    En dépit de notre silence apparent, nous pensons bien à vous et aux vôtres.
    Longtemps, nous avons été de ceux qui affirmaient haut et fort que l'on ne peut pas manquer de temps, surtout pour vivre des moments de bonheur avec ceux et celles que l'on aime ! C'est pourtant ce qui nous sera arrivé cet été 2014.

    Depuis que nous sommes revenus en Suisse, nous avons été continument à la bourre, cloîtrés la plupart du temps dans notre appart du Grand-Sac et plus précisément rivés sur nos chaises, nos claviers et nos écrans. Il nous a fallu produire je ne sais combien de textes concernant nos projets au Burundi (rapports de la phase écoulée et textes de projets pour la suite), des textes qu'il a fallu remanier xx fois. Les quelques échappées que nous avons eues, c'était pour aller discuter de ces différents textes avec les partenaires, qu'il a fallu parfois rencontrer plus d'une fois. Nos journées de travail se sont généralement prolongées très tard dans la journée. C'est pire que quand il y avait  des piles de copies à terminer pour le lendemain !

    Bien qu'il y ait encore du boulot avant les versions définitives, il nous faut aller suivre les travaux en ce qui concerne la construction de la maison qui abritera les rencontres des cercles de paix à Gitega.
    De ce fait même, Angelo prendra l'avion ce dimanche 31.08 à 6h50, pour  rejoindre Bujumbura le soir et Gitega le lendemain . Daphrose prendra quat à elle  l'avion du 14 septembre pour se rendre à une rencontre des Femmes Artisans de Paix qui se tiendra à Johannesburg (RSA) du 15 au 24, après quoi elle remontera sur Bujumbura et Gitega, via Nairobi.

    Cela fait que nous ne nous serons pas beaucoup vus malgré la très grande proximité et, surtout, notre très grande envie !

    Nous espérons être moins coincés dans notre emploi du temps en février 2015.

    Mille mercis pour vos pensées et les suggestions d'action que plusieurs d'entre vous  nous ont faites par rapport aux pistes de recherche de financement de notre travail sur le terrain  au Burundi !  Nous poursuivons la route ensemble.

    Bien cordialement,

    Angelo et Daphrose

    Bulletin N° 4 Genève 27 août 2014

    Chers amis,

    Après trois mois de boulot sans relâche, nous avons pu fini par fixer nos dates de retour au Burundi, en fonction des meilleures opportunités qui s'offraient à nous en terme de prix des billets.

    L'offre la meilleure pour moi était pour le dimanche 31 courant. Je pars donc ce dimanche à 6h50 du matin.

    Daphrose qui participe à une Assemblée générale des Femmes Artisans de Paix à Johannesburg (Afrique du Sud) part le 14 septembre, 18h00 et arrive au Burundi le 25 du même mois.

    Voilà pour les dates. Au cas où il y aurait quelque chose en faveur des Enfants de Sr Agathe, faites-nous signe pour que nous voyions comment nous retrouver pour la transmission d'éventuels messages.

    Meilleures pensées et à bientôt,

    Angelo & Daph

    Bulletin N° 3 Genève 20 janvier 2014

     

     

    Pour le Pain et la Paix


     

    Chers amis,

    Vous aurez été sans beaucoup de nouvelles de notre part – voire même pas du tout pour la plupart- et ce depuis le mois d’octobre. Sachez toutefois que nous allons bien tous les deux. Notre long silence est dû avant tout à deux choses : des problèmes de connexion internet (il n'y en a pas là où nous habitons, à Gitega, et des coûts exorbitants au niveau téléphone) d'une part ; une grande suroccupation au niveau de notre emploi du temps sur le terrain. 

    A présent, nous avons pris quelques jours d’arrêt, afin de nous ressourcer et de régler quelques points pratiques. Nous sommes en Suisse jusqu’au 11 février. Nous profitons de ce moment pour renouer avec la « civilisation » et communiquer un peu.

    Un petit mot à propos de notre suroccupation. Fatigués de devoir demander logement chaque fois que nous nous trouvons au Burundi (à Bujumbura comme ailleurs dans le pays) ou alors de payer un loyer qui, de plus en plus, ne sera pas toujours à la hauteur de nos faibles moyens, nous avons décidé de nous mettre à construire un logis à Gitega (2ème ville du pays située bien au Centre).Une fois terminée, la maison pourra servir aussi de point de rayonnement pour nos différentes activités : Cercles de paix et autres activités connexes, transformation et valorisation du manioc et, pourquoi pas, accueil de ceux de nos amis de Suisse ou d’ailleurs qui nous feront l’amitié de passer par là ! Les travaux ont commencé en novembre 2013 (quelques temps après l’arrivée d’Angelo) et ils avancent bien.

    Jusqu’à présent, nous vivons dans une pièce et demie qui, initialement, étaient destinées à servir de magasin/stockage du matériel, avec peu de confort, dont juste de l’eau courante et une petite plaque solaire pour nous éclairer bien faiblement et ne pas cogner les murs ! Comme il fait très humide, tout moisit, à commencer par nos habits dans les armoires. 

    Outre le chantier susmentionné, nous nous sommes beaucoup déplacés, principalement entre Gitega et Bujumbura, la capitale (environ 115 km par rapport à là où nous habitons), où sont concentrés tous les grands services du pays. Nous y avons été pour rencontrer différentes personnalités, susceptibles d’être intéressées par nos projets, nationaux ou expatriés, entre fin octobre et début décembre. Après c’est devenu bien difficile de nous déplacer, car le véhicule d’occasion que nous avions nous a lâchés. Se déplacer avec les transports en commun tient de l’exploit, voire même de l’inconscience ! Taxis bien bondés ou avec des vitesses qui ne tiennent pas en place dans le boîtier. Idem pour les minibus - ce que, ailleurs, on appelle « Taxis brousse »- et où l’on s’entasse comme des sardines ! Autant dire que, quand on arrive à destination, on ne peut que remercier Imana, l’unique Seigneur Dieu / Allah des Barundi.

    Il s'en suit que nous sommes généralement bien fatigués à la fin de nos journées ! Pour récupérer en partie, nous nous conformons au rythme de Madame Nature, chose plus ou moins bien facilitée du fait que nous n'avons ni électricité ni connexion internet – et partant pas de tentation de pianoter !!!!

    Et puis, nous restons également bien privilégiés par rapport à aux « petites gens » que nous côtoyons et dont un petit groupe travaille sur notre chantier pour un maigre salaire journalier qui varie entre 1,30 et 3 CHF, selon le type de travail. Comme beaucoup de milliers – ou plutôt et probablement des millions- d’autres dans le pays, ces quelques « privilégiés » / « élus » de quelques jours (ils sont près de la centaine les jours où l’ «on engage » à se presser à notre porte), plusieurs d’entre eux viennent de très loin. Ils/elles enfourchent leurs bicyclettes, pour celles et ceux qui en ont une, aux premières lueurs du jour, sans avoir rien mis dans le ventre !

    A 7h30, c’est le temps de prière. Le chef du chantier en a décidé ainsi. Histoire de souder l’équipe et de rappeler à chacune et chacun qu’il est solidaire des autres, dans le dur labeur qui est le leur et où un accident grave est vite arrivé quand on ne fait pas attention. Et surtout quand on a rien mis dans le ventre et qu’il faut soulever ou/et porter des poids de cinquante kgs et, souvent même, plus (sacs de ciment, pierres, ferrailles, etc.) ! Tout cela jusqu’à 15h30/16h00. Au repos de midi, ceux et celles qui ont déjà fait quelques économies peuvent alors se payer un maigre repas.

    Tel a été le spectacle, auquel nous avons assisté, la mort dans l’âme, du lundi au vendredi et, souvent, même au samedi (car quand on ne travaille pas et que l’on pas son petit lopin de terre derrière la maison, en ville, comme aussi et de plus en plus à la campagne, tout simplement, on ne mange pas !!) au cours des deux premières semaines. Après quoi, nous nous sommes dit que, à défaut de pouvoir payer plus (histoire de ne pas faire de la concurrence déloyale et risquée pour nous), nous pouvions quand même faire quelque chose. Nous avons alors décidé, comme cela se faisait traditionnellement quand on avait un journalier, de partager avec tout le personnel du chantier notre repas de midi, aussi longtemps que notre petite réserve financière nous le permettra. Quand les responsables du chantier ont transmis la proposition aux ouvriers, ceux-ci en ont été ravis et ont proposé de donner leur contribution, en amenant du bois de chauffe – mais seulement, pour des raisons de commodité, le choix s’est porté sur le charbon de bois). Deux dames du chantier se chargent de faire la cuisine. Et ça marche bien jusqu’ici !

    Pendant ces trois mois, Daphrose a poursuivi ses activités en rapport avec son programme d’« Artisan de Paix » - animation de cercles de paix, consolidation des acquis et renforcement des capacités, formation en facilitation des cercles de paix, information et intéressement de nouveaux groupes à la dynamique des cercles de paix.

    De nombreux contacts ont également été pris avec différentes autorités administratives et religieuses à Bujumbura, Gitega et ailleurs dans le pays au sujet non seulement des cercles de paix, mis aussi de la transformation et valorisation du manioc dans le pays. Le projet séduit et, à notre retour, nous commencerons à faire de la transformation du manioc avec les moyens du bord ; mais pour cela il faudra que, dans l’entre temps, nos premières râpes nous viennent du Cap.

    Comme déjà dit à l’un ou l’autre, nous comptons mener les activités en rapport avec le manioc en parallèle avec celles des cercles de paix. Le concept pouvant se résumer comme suit. Avec la transformation du manioc, nous allons extraire du tubercule la toxine dangereuse pour en faire un produit sain, sûr et utilisable de multiples manières du point de vue alimentaire, mais aussi capable de générer de nouveaux revenus. Avec les cercles de paix, nous établissons le parallèle car le processus contribue à extraire des cœurs de ceux et celles qui y participent la toxine de la haine et de la violence. Au long de l’exercice, les participant-e-s vont être initié-e-s au processus de transformation du manioc en guise d’exercice de la paix mise en pratique.

    Du 27 novembre au 18 décembre, nous avons la chance et le plaisir d’avoir la visite d’un ami de Genève, M. Gilbert Meuvly de Meyrin, qui nous a beaucoup réjouis.

    Voilà pour aujourd'hui. C'était juste histoire de dire que nous existons toujours et que nous ne vous oublions pas !

    Bien cordialement,

    Angelo et Daphrose

    Bulletin N° 2  Lundi 2 décembre 2013

     

    Cher Jean-Luc,


    Un tout grand merci pour tes différents messages, ceux en rapport avec ta santé et son évolution. Nous sommes heureux de savoir que ta santé évolue positivement.

    Nous te souhaitons de recouvrer ta pleine santé sans intervention chirurgicale ; cela est possible : nous en avons fait l’expérience avec Daphrose qui souffrait d’une hernie discale grave qui, grâce aux soins prodigués par Sophie Godenzi-Brun (fille de Yvon et Claire Brun) a été résorbée sans intervention chirurgicale – au grand étonnement du médecin traitant. A voir donc, d’autant plus que ces soins sont remboursés par les assurances s’ils sont prescrits par le médecin.


    Pour ce qui est de mettre sur le site des CCB les nouvelles que nous vous transmettons – quand les connexions le permettent, nous ne pouvons que nous en réjouir car, ainsi, nous serons plus en contact et pourrons être au même diapason.


    Au chapitre des nouvelles, nous sommes heureux d’avoir Gilbert parmi nous ; il pourra vous donner des informations plus précises et pus détaillées quand il reviendra. Avec lui, nous avons déjà visité quelques coins du pays et cela lui a permis non seulement d’avoir un autre regard sur les réalités du terrain, parmi lesquelles les conditions de circulation et de communications qui sont des plus épiques. Les routes impraticables (pleines de trous immenses, de boues et de flaques de pluies ce qui les rend glissantes et fort délicates à la circulation) font que les véhicules soient constamment en panne – surtout quand ils sont très vieux (ce qui est le cas du nôtre !).

    Outre les chantiers dont nous avons déjà parlé, depuis samedi, nous avons un souci supplémentaire à gérer. En effet, ce week-end, notre région natale (Angelo) a subi les méfaits d’une violente grêle qui s’y est abattue. Au dire des habitants du coin, la région est littéralement sinistrée. Demain, mardi 03.12.13, nous nous rendrons sur place afin de constater les dégâts et voir ce que nous pourrions faire selon nos moyens.


    Voilà pour aujourd’hui. Meilleures pensées à Monique et toi, ainsi qu’à toute la Communauté. Et à bientôt sur le Net.


    Angelo et Daphrose.

     

    Bulletin N° 1 Samedi 16 novembre 2013

     

    Chers toutes et tous, 


    C'est un grand plaisir de vous lire et d'avoir des nouvelles de notre Communauté. Ce dimanche 10 novembre, nous étions en bien en pensée avec vous tous et tous, en dépit de notre silence. Ce dernier a été du aux problèmes techniques au niveau des connexions internet et téléphoniques. Vous nous lisez depuis un cybercafé à Gitega ou nous sommes bases. 

    Nous allons bien tous les deux. 

    Notre temps se passe entre Gitega (notre point d'encrage) et Bujumbura, bien incontournable pour toutes les démarches administratives importantes. 

    Dès le lendemain de mon arrivée, nous sommes montes a Giteaga et le surlendemain, nous étions chez moi afin d'entamer des travaux de mesurage des quelques terrains laisses par mon père. Cela nous a demandé  trois déplacements (pour nous et les techniciens qui nous y aidaient). Nous avons effectués trois voyages a Bujumbura en vue de contacts en rapport avec nos projets (manioc et Cercles de paix). 

    Parallèlement, nous sommes embarques dans deux chantiers - en rapport avec la construction de notre futur pied a terre plus ou moins permanent a Gitega ainsi que le futur atelier pour les activités de transformation du manioc). Autant dire que nous sommes en plein bourbier ! Mais nous nous partons bien. Nous essayons de au rythme de la nature et des gens d'ici (et ça ne va pas si  mal que ca !!), mais souvent on est sur la route un peu tardivement !

    Voilà pour aujourd'hui. Rendez-vous au prochain bulletin ! Nous vous embrassons bien affectueusement toutes et tous, 


    Angelo et Daphrose.